Ath:Le fruit des recherches sera exposé dans les musées Athois.

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DECOUVERTE ATHOISE.jpgDans le cadre du vaste projet immobilier des Haleurs à Ath, des fouilles préventives ont été entamées depuis mai 2015 par la Direction de l'archéologie du Service public de Wallonie en étroite collaboration avec les propriétaires. Les recherches se sont d'abord concentrées sur les secteurs qui seront aménagés en 2016 afin de ne pas entraver le bon déroulement des futurs travaux. « La superficie concernée couvre un peu plus de 3 hectares. Les sondages systématiques destinés à repérer d'éventuels vestiges ont mis en évidence l'existence d'un site daté du Néolithique ancien (soit environ 7000 ans par rapport à aujourd'hui). Les traces d'occupation humaine s'étendent sur environ un hectare. Lorsque les recherches seront terminées, il s'agira du plus grand village de cette période fouillé dans la région. D'autres sites sont en effet connus et ont été explorés partiellement notamment à Irchonwelz, Ormeignies, Aubechies, Ellignies- Sainte-Anne et Blicquy. »Comme l’a souligné l’ Archéologue, Isabelle Deramaix.En effet, tous se situent dans le bassin de la Dendre occidentale. Celui des Haleurs a la particularité d'être installé le long du bras oriental de ce cours d'eau. « Les fouilles en cours ont livré des trous de poteaux et de nombreuses fosses. Les premiers sont les vestiges de la structure des habitations. Les secondes ont d'abord servi à extraire de l'argile pour les murs de ces maisons, puis ont servi de poubelles. Les objets de la vie quotidienne y sont donc retrouvés: fragment de céramique, silex taillés, meules pour moudre le grain, etc. » Explique Isabelle et de

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poursuivre « Durant le Néolithique ancien, deux groupes culturels apportent l'agriculture dans nos régions où les terres sont fertiles. Le premier, appelé la civilisation rubanée, arrive chez nous après avoir traversé tes plaines du Danube. Le second appelé Groupe de Blicquy (car découvert pour la première fois à Blicquy sur la commune de Leuze-en-Hainaut) est originaire du bassin parisien. Le secteur en cours de fouilles aux Haleurs livre pour l'instant des vestiges de ce dernier groupe. Toutefois, lors des sondages, des fosses de l'autre population ont été mises au jour. L'étude complète du site permettra de mieux comprendre les relations entretenues par ces deux cultures néolithiques partiellement contemporaines. » La communauté scientifique tant belge que française qui travaille dans ce domaine est donc très attentive aux résultats de ces découvertes. L'autre apport des fouilles en cours est d'ordre plus historique pour la cité athoise. « En effet, le lieu des découvertes se trouve à peine à 500 m du bourg primitif de la ville. Outre cette occupation préhistorique importante, des fosses d'époque romaine ainsi que médiévale ont été repérées. De même le chemin primitif menant d'Ath à Chièvres a été identifié. Ces indices laissent supposer une relative continuité d'occupation depuis la période néolithique. En conséquence, les populations mises en évidence par les fouilles actuelles sont probablement les premiers habitants d'Ath. » Conclut l’Archéologue de la SPW.

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Cette hypothèse sera vérifiée durant l'année 2016, lorsque les autres terrains du projet immobilier, situés encore plus près du Vieux Ath, seront investigués. Le propriétaire des lieux a souhaité faire don d’objets découverts à la ville d'Ath afin que le fruit des recherches puisse être exposé dans les musées de la cité.

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